Ecrans Mauves:Parce que La Visibilité Importe

Découvrez des films et séries qui parlent de l'homosexualité féminine à travers des vidéos inédites, des résumés et des critiques... Ps : mes textes n'ont pas l'ambition d'être des analyses filmiques, il s'agit juste de critiques.

20 octobre 2006

Ce que je sais d'elle...D'un simple regard

  • de Rodrigo Garcia
    Avec Glenn Close, Cameron Diaz, Calista Flockhart, Valeria Golino...A325
    Genre: Drame romantique
    2000
  • Récompenses: Prix "Un certain regard"
  •                             Sélection officielle festival de Cannes 2000
    Mon avis: A voir

Elaine Kenner est docteur. Elle partage sa vie entre son métier et sa mère, dont elle doit s'occuper constamment. Elle est éprise d'un de ses collègues de travail, qui ne semble pas avoir les mêmes sentiments à son égard.

Rebecca approche de la quarantaine. Elle fréquente depuis trois ans un homme marié, et quand elle tombe enceinte, celui-ci la pousse à avorter.

Rose écrit des contes pour enfants. Elle est célibataire et vit avec son fils Josh, un ado de 15 ans. Lorsqu'un voisin nain s'installe en face de leur maison, Rose tente quelques rapprochements...

Lilly est très malade, et ne voit plus le bout de son cancer. Sa petite amie Christine l'aide à tenir bon en s'occupant d'elle, mais pour l'une comme pour l'autre, la situation est insupportable à vivre.

Enfin, Kathy, une jeune détective désespérement célibataire, cohabite avec sa soeur aveugle, qui elle, multiplie les petites conquêtes.

Ces histoires se croisent et s'entrecroisent, passant d'une émotion à l'autre, et nous trinballant de drame en romance.

Non, ce film n'est pas encore un autre film féministe. Il nous tranporte de la vie d'une femme à une autrecap018 avec une douceur et  une légéreté pleine d'émotion. Mené par un casting remarquable qui donne aux personnages une justesse et une vigueur pleine de délicatesse,  "Ce que je sais d'elle...d'un simple regard", donne une vision d'homme sur la vie d'une femme, et ce regard est étonnament féminin, et qui nous fait ressentir toute l'ampleur des sentiments éprouvés par ses personnages.

La réalisation est sobre, la caméra est souvent fixe et les effets visuels sont loin d'être spectaculaires, afin de se reposer entièrement sur le jeu des actrices.

cap019Si toutes les histoires sont touchantes, notre fibre lesbienne nous pousse évidemment à en préférer une : la partie "Bonne nuit Lilly, Bonne nuit Christine". L'histoire nous est contée très succintement. Lilly est malade et ce depuis déja lontemps, et Christine veille sur elle constamment. Sans tomber dans un air romantique à la "je t'aime et je serais toujours près de toi", le réalisateur nous transmet l'amour, la peur et la distance brisée qu'il y a entre les deux jeunes femmes sans point de vue spécifique ou d'apriori clichés. Il prend le contre pied de tous les stéréotypes hollywoodiens: pas de personnage central, pas d'intrigue principale, pas de fin aux réponses évidentes, et personnages représentant des femmes d'un certain âge pour la plupart. Le film a été vendu partout dans le monde...sauf aux USA ou il n'a été diffusé que sur le câble, ce qui une fois encore montre bien l'état d'esprit du cinéma américain, ou il n'y a de la place que pour les gros budgets hollywoodiens et ou les films d'auteurs ou le cinéma indépendant a de moins en moins de place...

Quoiqu'il en soit, "Ce que je sais d'elle...d'un simple regard" est un film touchant et caressant sur la féminité racontée par un homme. Un film à voir, et même à revoir...

Posté par ecranmauve à 12:56 - Films - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

:-)

J'ai beaucoup aimé ce film ...
J'ai trouvé intérréssant que l'on suive plusieurs histoires qui se croisent ... ça m'a rappelé un autre film : Collision , aucunement lesbien mais tourné avec le même principe ...
Bonne continuation à toi

Posté par Léa, 21 octobre 2006 à 09:17

féminisme...

bonjour,
je ne sais pas où vous voyez des films féministes : parler de femmes, de leur sexualité et de leur homosexualité n'est pas une garantie de féminisme, souvent au contraire, c'est dans les discours sur la sexualité que l'on retrouve tous les stéréotypes d'oppression (oppression de classe est le plus fréquent [élève-prof...], oppression sexiste [reconduction des pratiques assymétriques dans le couple homo, y compris dans la représentation patriarcale du désir féminin : réticence vs insistance].
Si l'on n'est pas féministe, on est viriliste : c'est comme les positions politiques classiques, on appartient qu'on le sache ou non à un courant idéologique, et quand on l'ignore on partage celui du dominant, les conceptions du dominant. J'attends personnellement un film authentiquement féministe grand public, qui n'efface pas au nom de "l'art" la réalité de l'oppression, de l'exploitation que subissent les femmes mais qui construise aussi la fiction d'autre chose, d'une authentique égalité où nos biologies stigmatisées [femme, homo...] ne seront plus du tout des enjeux sociaux, et en l'occurence dramatiques, cinématographiques.

Posté par annie, 03 avril 2007 à 12:22

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