26 août 2008
Queer As Folk US.
• Avec Gale Harold, Randy Harrisson, Peter Paige, Hal Sparks... 
• 1999 à 2004 : Cinq saisons
Après cinq saisons de The L Word, au bilan de plus en plus négatif, il était temps de jeter un œil à celle qui aura ouvert les portes et lui aura permis d'exister : Queer As Folk US.
Je viens d'en finir la cinquième saison (bien que la série soit terminée depuis maintenant quatre ans, chacun son rythme hein!) et j'en suis toute simplement charmée.
On résume pour ceux à qui cela ne dirait rien? Tout commence dans une rue gay de Pittsburgh. Les drapeaux multicolores flottent au vent, les basses électro rythment les pas de la foule, quatre jeunes hommes se détachent du lot : Mickael, qui se caractérise comme ce monsieur tout le monde; Emmet, jeune homo un peu efféminé qui assume son côté "folle"; Ted, un peu plus âgé, un peu ronchon et extrêmement complexé, et enfin Brian, séducteur invétéré au succès incroyable. En sortant de boîte, les quatre compères tombent sur Justin, jeune ado naïf qui s'aventure pour la première fois dans le milieu gay. Le contact avec Brian et immédiatement électrique. Il le ramène chez lui et font l'amour, c'est la toute première fois pour Justin. Interrompus par un coup de fil urgent, ils se précipitent à l'hôpital : le petit Gus vient de naître. Ses heureux parents sont Mélanie et Lindsay, les amies du groupe, en couple depuis plus de cinq ans. Brian fut le donneur, et accueille avec émotion son jeune fils.
Justin quant à lui, est sur un petit nuage. Il est déjà fou amoureux de ce grand brun aux airs nonchalants. Mais il apprends avec amertume que ce dernier n'est pas du genre à se caser. Pour Brian, l'amour n'existe pas. Il couche, découche, mais ne s'engage jamais. Sauf que cette fois-ci, avec Justin, c'est différent, il sent pour la première fois qu'il s'attache à quelqu'un, mais refuse de laisser cet aspect de lui prendre le dessus, et renvoie le jeune adolescent blessé...
C'est donc les aventures de cette petite bande d'amis que nous allons suivre durant cinq palpitantes saisons : leurs histoires d'amour, de sexe, d'amitiés... somme toute comme n'importe quelle série sentimentale, cette fois à la sauce gay.
Mais Queer as folk est ce qu'on peut appeler une série engagée, et c'est ce qui fait
toute la différence avec The L Word (oui, je ne pourrais pas m'empêcher de comparer), qui traite avec sérieux des problématiques homosexuelles. Ainsi, le coming-out, le mariage homosexuel, l'adoption pour les couples gays, le SIDA, l'omniprésence de la drogue dans le milieu ou encore l'homophobie sont des sujets à part entière de la série et reviennent très fréquemment grâce à des personnages très riches : Mickael se trouve confronté à un difficile dilemme quand il apprend que l'homme dont il est en train de tomber amoureux est séropositif ; Mélanie et Lindsay se marient et ont deux enfants (cela ne va pas sans problèmes et obstacles), Justin devra faire face à la violence du coming-out, Ted se trouve confronté à des problèmes de drogue et enfin, deux agressions homophobes extrêmement violentes auront lieu et marqueront à jamais les personnages.
Vous l'aurez compris, cette série s'engage réellement, et traite avec beaucoup d'intelligence de la place des homosexuels dans la société matriarcale, dans le monde du travail ou encore au sein même de la communauté. On pourrait dire que c'est ce qui manque cruellement à L Word, son pendant féminin, qui ne se concentre que sur l'ego de ses protagonistes.
De plus (et toujours contrairement à L Word), les personnages sont ici entiers et vrais. Leurs évolutions sont manifestes (car oui, yen a marre de voir batifoler Shane pendant cinq saisons de L Word sans jamais changer). Certains se stabilisent, d'autres batifoles, trouvent l'amour, le perdent... et toujours on constate une maturité et une évolution manifeste de leur personnalité.
Enfin, cette série plonge au cœur du milieu gay et de ses boîtes de nuit, nous délivrant une magnifique
bande son électro un peu transe, parfois disco, parfois rétro... On a souvent reproché à la série de n'être qu'un pastiche de son pendant anglais (Queer as folk UK.) dont elle s'inspire. Je ne suis pas d'accord. Je trouve que les acteurs de la version UK donne nettement de charme à leurs personnages, qui en deviennent moins attachants, et la réalisation est moins dynamique. Face au côté un peu mou de la version british, la version US a quelque chose d'indéniable : le talent de sa réalisation.
Le montage est toujours extrêmement stylisé et vertigineusement dynamique, les images sont rayonnantes de couleurs vives, les acteurs sont tous extrêmement talentueux et investis, les dialogues toujours bien trouvés... Si la première saison tâtonne encore un peu sur le terrain du sexe, ne sachant pas encore quoi montrer et quoi suggérer, les saisons suivantes trouveront le ton avec à chaque fois des scènes très stylisées et un montage hors-pair.
Queer As Folk c'est donc ce petit bijou de la télévision, qui a enfoncé toutes les portes permettant aux séries suivantes de voir le jour. Pas uniquement une série sentimentale sur les histoires d'amour et de sexe de jeunes gays, mais plutôt une véritable révolution soulevant toutes les problématiques homosexuelles, tout en donnant pour la première fois à la télévision américaine une véritable épaisseur aux personnages gays, enfin dotés d'une sexualité, mais également d'une humanité.
Une série entre rires et larmes, comme on en a rarement vu...
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=78903&pid=10355555
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :


